Cette nouvelle technologie de
commutation RF réduit la consommation des téléphones et terminaux
mobiles
Genève, le 21 juillet 2003 - STMicroelectronics, l'un des premiers
fabricants mondiaux de semiconducteurs, présente une technologie novatrice
qui utilise les techniques de MEMS (micro-systèmes électro-mécaniques)
pour intégrer des commutateurs RF haute performance dans des circuits
fabriqués en technologie CMOS standard. Le nouveau commutateur RF
devrait améliorer les performances des téléphones mobiles et autres
terminaux portables similaires nécessitant une commutation RF efficace,
afin de minimiser la consommation et prolonger l'autonomie de batterie.
Pour que les terminaux portables s'adaptent pleinement à leur
environnement, en passant d'un standard à l'autre ou en contrôlant
efficacement la puissance de transmission, les fabricants d'équipements
ont de plus en plus besoin de circuits RF plus souples, intégrant
des fonctions de commutation plus efficaces. Si les semiconducteurs
sont largement utilisés comme commutateurs RF dans les applications
portables, ils sont en principe moins intéressants que les commutateurs
à base de MEMS, plus performants en termes d'isolation, de pertes
d'insertion et de linéarité. Bien que les avantages des commutateurs
RF-MEMS aient été démontrés dans de nombreuses applications aéronautiques
et de télécommunications, leur faisabilité pour des marchés de masse
comme celui des téléphones portables dépend étroitement de la possibilité
de les intégrer dans des systèmes sur puce à faible coût.
Le micro-commutateur " Above IC " a été développé conjointement
par ST et le CEA-LETI, son partenaire de longue date dans le domaine
de la recherche, sur le site ST de Crolles1. Il répond aux quatre
critères clés suivants : haute fiabilité, faible consommation, faible
tension d'activation et compatibilité avec les techniques de fabrication
des systèmes sur puce. Pour vérifier que le nouveau commutateur RF-MEMS
est intégrable dans un système sur puce, des prototypes ont été fabriqués
en technologie BiCMOS utilisée pour le circuit de commande d'activation
thermique et de maintien électrostatique. Le commutateur MEMS proprement
dit est fabriqué sur le circuit, une fois les étapes de fabrication
CMOS achevées, sans qu'il soit besoin de techniques particulières
de soudage.
" Ce résultat est un excellent exemple des programmes de recherche
de ST, en collaboration avec ses partenaires, pour développer de nouveaux
compléments à la plate-forme CMOS standard. ", a déclaré Hervé Mingam,
directeur des programmes, R&D centrale de ST. " Cette nouvelle technologie
devrait être intéressante pour notre portefeuille de technologies
de systèmes sur puce ".
Suite au succès de la fabrication et de la caractérisation des premiers
prototypes, ST et le CEA-LETI s'emploient maintenant à optimiser la
fonction de maintien électrostatique, développer l'encapsulation intégrée
sur plaquette et améliorer le coût en réduisant le nombre de masques
nécessaires.
Cette nouvelle technologie RF-MEMS a été développée et testée sur le
site ST de Crolles1, près de Grenoble. Créée en 1992, Crolles1 est une
unité complètement intégrée, associant étroitement R&D, fabrication
pilote et production en volume. Il abrite des équipes communes de ST,
France Telecom R&D et du CEA-LETI, qui travaillent sur des technologies
avancées destinées à préparer les futures plate-formes CMOS. Une équipe
de R&D commune à ST et Philips Semiconducteurs y travaille également
depuis 1992. ST, Motorola et Philips ont, plus récemment, regroupé leurs
moyens R&D pour créer " l'Alliance Crolles2 ", dont l'objectif est le
développement des futures générations de technologie CMOS, de 90 à 32
nanomètres, et la réalisation d'une unité commune de fabrication pilote
300 mm (Crolles2), qui reproduira le modèle " R&D-fabrication " réussi
de Crolles1. TSMC est un partenaire de l'Alliance Crolles2, qui permet
l'alignement des règles de dessin des technologies numériques et garantit
la portabilité des conceptions et l'accès à la propriété intellectuelle
développée par la plate-forme commune.
STMicroelectronics en bref
STMicroelectronics est un leader mondial pour le développement et
la réalisation de solutions sur silicium destinées à un grand nombre
d'applications. Son expertise du silicium et des systèmes, sa puissance
industrielle, son portefeuille de propriétés intellectuelles et ses
alliances stratégiques placent ST à l'avant-garde des technologies
de systèmes sur puce, et ses produits contribuent pleinement à la
convergence des applications et des marchés. STMicroelectronics est
coté à la Bourse de New York, de Paris (Euronext) et de Milan. En
2002, ST a réalisé un chiffre d'affaires net de 6,32 milliards de
dollars et un résultat net de 429,4 millions. Des informations complémentaires
sont disponibles sur le site http://www.st.com.
Fiche technique
L'élément mobile du commutateur est constitué d'une minuscule poutrelle
(400 x 50 µm) de nitrure de silicium, resserrée à chaque extrémité.
Cette poutrelle, qui comprend des résistances chauffantes en nitrure
de titane, des électrodes de maintien électrostatique et un bloc d'aluminium
à chaque extrémité, est d'abord séparée de la ligne RF sous-jacente
par un espace de 3 µm. Lorsqu'une faible tension (2V) est appliquée
aux résistances chauffantes, les différentes dilatations thermiques
de l'aluminium et du nitrure de silicium provoquent la déformation
de la poutrelle (" effet bimorphe ") jusqu'à l'établissement d'un
contact mécanique avec une bosse en or sur la ligne RF, ce qui ferme
le commutateur.
Une fois le commutateur mis en route, une tension est appliquée aux
électrodes de maintien, générant une force électrostatique qui maintient
la poutrelle en position, ce qui permet d'arrêter le courant de chauffage.
De cette manière, la nouvelle structure allie les avantages de l'alimentation
basse tension et de haute fiabilité obtenue par l'activation thermique
et la faible consommation de maintien électrostatique.
Pour l'activation, le commutateur a besoin d'un courant de 20 mA sous
2V pendant environ 200 µs, soit une énergie d'activation de 8µJ. Avec
les premiers prototypes, la tension requise pour assurer le maintien
électrostatique était de 15V. Grâce à un meilleur contrôle des contraintes
pesant sur le matériau utilisé pour la poutrelle, cette tension devrait
être ramenée à 10V. En termes de fiabilité, plus de 109 cycles de
commutation ont été réalisés sans défaillance, ni dégradation des
contacts, tandis que les caractérisations RF ont assuré d'excellents
niveaux d'isolation (57 dB) et de pertes d'insertion (0,18 dB), à
la fréquence de 2 GHz utilisée dans les applications de téléphonie
mobile.